Réserver un appel

Utiliser l'IA au travail : une tâche, puis un réflexe

7 octobre 2026

Certains jours, vous demandez cinq choses à ChatGPT ou à Claude. D'autres jours, l'onglet reste ouvert pendant que vous recopiez des chiffres d'un outil à l'autre, réécrivez le même genre d'e-mail et montez le reporting à la main. Vous savez que la plupart de vos journées ressemblent à la deuxième. Un dirigeant que j'accompagne l'a dit mieux que moi : « je n'utilise qu'un pour cent de la puissance de feu de tout ça ».

Pour en sortir, deux temps : une tâche, puis un réflexe. Les deux se font seul. L'appel, à la fin, c'est pour le cas où le réflexe ne vient pas.

Ce soir : choisissez une tâche

Choisissez une tâche qui revient chaque semaine, qui vit dans un fichier ou un outil, et dont vous pouvez vérifier le résultat. Saisir les heures de la semaine dans le tableau, transformer des notes d'appel en compte rendu, rédiger la première version d'un document récurrent. Notez trois choses : la tâche, l'endroit où se trouvent ses données, et ce à quoi ressemble un résultat correct.

Laissez le projet ambitieux de côté pour l'instant. L'idée d'automatiser la prospection, qui traîne depuis cinq mois, n'a pas de premier geste, et c'est pour ça qu'elle traîne depuis cinq mois. La tâche ennuyeuse en a un, se boucle en une séance, et vous apprend la mécanique sur quelque chose que vous pouvez vérifier vous-même.

Pourquoi vous avez des journées sans aucune demande

Un client l'a remarqué à voix haute dès notre première séance : « hier, j'ai eu ma journée, j'ai fait aucune demande GPT Claude ». Puis il s'est demandé si rien, dans cette journée, n'aurait pu en profiter. Beaucoup de choses, en fait. L'assistant était ouvert dans un onglet et n'a jamais fait partie du travail, parce que s'en servir dépendait du fait d'y penser.

L'objectif, dans ses mots : « que l'utilisation de ça soit un réflexe et pas oh, tiens, je vais regarder si l'IA peut faire quelque chose ». Un réflexe vient de trois petites habitudes, répétées sur la tâche que vous avez choisie.

Les trois habitudes

  1. Ouvrez l'assistant avant l'application. Quand la tâche commence, décrivez-la d'abord à l'assistant, puis ouvrez le document, le tableau ou la messagerie. Sur une tâche récurrente, il vous sort un premier jet que vous corrigez. Parfois, il vous dit que la tâche est trop petite pour s'en donner la peine, et c'est utile aussi.
  2. Écrivez votre contexte une fois pour toutes. Qui vous êtes, qui sont vos clients, comment vous écrivez, trois exemples de votre vrai travail, et ce que l'assistant ne doit jamais modifier sans vous demander. Une page, chargée à chaque fois. Le souhait derrière, du même client : « j'aimerais bien ne pas avoir à lui rappeler que je suis consultant ». Une fois la page écrite, vous n'avez plus à le faire.
  3. Ouvrez une nouvelle conversation quand il commence à se répéter. Quand l'assistant tourne en rond sur la méthode ou défend une réponse faible, une nouvelle conversation avec la page de contexte et une demande plus précise vaut mieux qu'un échange plus long dans l'ancienne.

Faites tourner ces trois habitudes sur votre tâche pendant deux semaines. Puis vérifiez une seule chose : avez-vous encore besoin de penser à ouvrir l'assistant au début de cette tâche ? Si la réponse est non, vous avez le réflexe, et la tâche suivante, c'est vous qui la choisissez.

Ce que veut dire « rentrer les règles »

Un manager d'une entreprise de taille moyenne m'a demandé : « Par où je commence ? Comment je rentre les règles ? » Les règles, c'est cette page de contexte. La première version prend environ une heure, et tout ce que vous ferez ensuite en hérite, c'est pour ça qu'elle passe avant tout le reste. Ajoutez la ligne sur la confidentialité : quelles données l'assistant peut voir, lesquelles il ne doit pas voir, et où se trouve le réglage de partage des données dans l'outil que vous utilisez. C'est aussi la ligne sur laquelle les clients posent des questions.

La mesure qui compte

Le client au tableau d'heures a fait le calcul lui-même : « si je gagne quatre heures, cinq heures, dix heures par semaine, c'est autant de clients supplémentaires ». Le temps gagné ne compte que s'il devient de la capacité que vous pouvez utiliser. Une tâche vous rend une heure. Le réflexe, appliqué tâche après tâche pendant six semaines, c'est là que les heures s'additionnent.

Si, après deux semaines, vous avez encore besoin d'y penser

Faites d'abord le test des deux semaines. Si vous devez encore vous forcer à impliquer l'assistant sur la tâche choisie, réservez un appel de trente minutes et apportez le fichier ou l'outil concerné. Je fais ce travail avec des dirigeants en quatre à huit semaines, sur votre machine, une tâche par séance, et je repars en vous laissant la page de contexte entre les mains. Pour former toute une équipe, c'est la formation Claude.

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